L'Ouzbékistan

Le voyage en Ouzbékistan fut organisé par un voyagiste français. Il s'inscrivit dans le programme des visites des pays d'Asie centrale à la découverte du monde Turco-musulman d'Asie.

Le groupe était composé de 14 personnes. Une conférencière française, spécialiste de l'Asie centrale, nous accompagna.

Le circuit fut réalisé en 1996, du 29 avril au 11 mai. Après un vol Lufthansa, l'arrivée à Tachkent fut à l'heure.

Le récit est en cinq tableaux. Les commentaires généraux sont donnés par la présentation de l' Ouzbékistan.

Tachkent

Centre ville

Opéra Navoï

Medersa

L'approche: Le vol Lufthansa mit 6 heures de Paris à Tachkent via Frankfort. Il décolla à 14 heures 50 de Paris pour arriver 23 heures (heure de Paris) à l'aéroport international de Tachkent. Le décalage horaire est de trois heures.

Tachkent, La ville actuelle fut reconstruite après le tremblement de terre de 1966 qui la détruisit presque entièrement. Son plan d'urbanisme est carré et les édifices sont de type soviétique. Elle est malgré tout agréable grâce aux  nombreux parcs et fontaines.
Elle fut un carrefour de routes commerciales entre l'Asie, la Méditerranée et l'Europe. Elle fut la capitale du Turkestan Soviétique avant de devenir la capitale de l'Ouzbékistan. Avec plus de deux millions d'habitants, elle fut la quatrième ville d'URSS.
Le gouvernement de l'Ouzbékistan cherche à établir son leadership sur l'Asie Centrale ex-Soviétique et à redonner à Tachkent son lustre d'antan.

Opéra Navoï: Il est situé sur la place Lénine bordée de parcs, de cascades et de fontaines. Le théâtre Ali Chir Navoï est dédié à l'opéra et aux ballets. Les plus grands chanteurs du circuit international s'y sont produits.
La Medersa Koukeldach, la Mosqué Djami, la Medersa Barak-Khan et le mausolée de kaffal Chachi: Ces bâtiments furent trop restaurés pour correspondre aux attentes, malgré tout ils sont représentatifs de l'art de l'Asie Centrale.
Le musée Aibek présente l'histoire et la culture des peuples de la République d'Ouzbékistan. Très didactique, il fut intéressant à visiter.
Le Goum et le Tsoum: Les grands magasins de l'ère Soviétique méritèrent le détour pour voir les articles vendus.
Une station de métro doit être vue pour faire la comparaison avec le métro parisien. La construction est impressionnante par le luxe de la décoration, la profondeur et la largeur.


Cette première visite de Tachkent ne laissa pas un souvenir impérissable. Il n'en fut pas de même lors de mon passage en 1999 pour aller au Kirghizstan. L'hôtel "Ouzbékistan" correspondit à l'image des hôtels de l'ex-URSS, dégradé, entretien sommaire, service d'étage anémique, service du restaurant lent et nourriture tout juste acceptable.

Khiva

L'approche:  Le trajet en avion de Tachkent à Ourgentch dura environ une heure dans un vétuste Tupolev. Il faut savoir prendre des risques! Le trajet d'Ourgentch à Khiva distante de 32Km prit une demi heure. La visite de Khiva prit environ trois heures, puis je flânai parmi les ruelles ombragées jusqu'à 17 heures pour rejoindre l'hôtel à Ourgentch.

Khiva, Itchan-Kala: La ville a le statut de ville musée depuis 1968, pas de véhicule dans la vieille ville intra-muros séparée par une double enceinte en pisé datant du 19e siècle. Cette fabuleuse ville orientale est plus une ville reconstruite que restaurée. Les bâtiments sont récents, 18e et 19e siècles. Les édifices visités furent:

La medersa Khan Moukhammed-Amin: Edifiée au 19e siècle, c'est la plus vaste de Khiva.
Kalta minor: Appelé le minaret tronqué, la tour verte, il date du 19e siècle.
Kounia-Ark: Commencée au 17e siècle, elle se composait de la Chancellerie du Khan, de salles de réception, du Harem et de mosquées d'été et d'hiver.
La mosquée Djouma: Les voyageurs la mentionnèrent dès le 10e siècle, le bâtiment date du 18e siècle. La salle de prière a 218 colonnes de bois dont certaines dates du 11e siècle.
Le medersa Khan Alla-Kouli: Elle fut construite sur une place où les édits du Khan étaient lus et commentés.
Le medersa Koutloug Mourad-Inak: Son originalité tient dans le réservoir d'eau souterrain pour alimenter la ville.
Karavanserail Alla Quli Khan: La construction est massive et comporte de puissantes tours aux quatre angles du bâtiment.
Tach-khaouli, ou palais de pierre, est une forteresse construite au 19e siècle. Il se présente sous la forme de plusieurs cours avec des appartements privatifs et des salles officielles. Les iwans du palais reposent sur de fines colonnes de bois sculptés. Les murs sont décorés de mosaïques aux dessins géométriques.
Le mausolée de Jaid Allaoudin est l'un des plus anciens monuments. Il fut construit à l'époque de la Horde d'Or au 14e siècle.
Le mausolée de Pakhlavan-Makhmoud: Il fut édifié en l'honneur des exploits sportifs d'un artisan, puis il devint la sépulture des Khans de Khiva.
La medersa et le minaret d'Islam-Khoja: Le minaret domine toute la cité, la medersa possède 42 chambres d'étudiants encadrant la cour sur deux étages.

Khiva

Jardin

Sculpture sur bois

La prière


D'après la légende, Khiva fut fondée par Sem fils de Moïse lorsqu'il découvrir le site. Il appert qu'il avait le don d'ubiquité eu égard au nombre de villes qu'il aurait fondées. Il n'en est pas moins que  Khiva a eu un long et prestigieux passé. Mais son avenir est cantonné au statut de ville musée, proprette et froide, même par quarante degré à l'ombre. Il faut beaucoup d'imagination pour se représenter l'animation des souks et la misère du temps de la Route de la Soie.
La couleur dominante est turquoise, différente de celle de Boukhara et de Samarkand.

Boukhara

Divan Beghi

Tapisserie moderne

Medersa Oulougbeg

Mosquée Kalian

Bal-Khaouz

Mausolée Samanide

L'approche: Le trajet de Ourgentch à Boukhara s'effectua en minibus d'origine japonaise. Il fallut près de 6 heures pour parcourir les 416Km séparant les deux villes en traversant le désert de Kyzyl-Koum.

Boukhara: La ville est située au carrefour des routes de caravanes en plein désert. La température peut atteindre 50°C. C'est aussi une ville musée aux 360 mosquées. Elle est entrée dans l'histoire au 1er siècle AD puis au 9e siècle elle passa sous l'autorité des Samanides. Vers 980 Avicenne, Ibn Sina, y écrivit son oeuvre majeure le "Canon de la médecine". Puis les dynasties se succédèrent, Karakhanides, Timourides, Chaybanides jusqu'en 1868, date du rattachement à l'Empire Russe. Boukhara a une architecture très variée selon les époques de son histoire dynastique.

L'ensemble Liabi- Haouz date de l'époque Timouride, il comprend:
La medersa Kudeldach (1568): La plus grande de Boukhara, elle a 160 cellules d'étudiants. L'édifice fut entièrement décoré. Le portail d'entrée possède une double rangée d'arcades.
La medersa Divan-Beghi (1622): Elle ne comportait ni salle de cours, ni bibliothèque. Son intérêt réside dans sa décoration extérieure d'oiseaux et d'animaux.
La Khanaka de Divan-Beghi (1620): C'est un couvent destiné aux derviches pèlerins.

La mosquée Magoki-Attari (12e siècle): Située au dessous du niveau de la rue actuelle, le décor de la façade en briques cuites rappelle le travail effectué au mausolée Samanide.
La medersa Oulougbeg (1417): Elle fut construite par le petit fils de Tamerlan, grand monarque, astronome et poète. Il fit inscrire sur le portail:
"Le devoir de tout musulman et de toute musulmane est d'aspirer au savoir"
La medersa Abdulaziz Khan (1652): En face de la précédente, son promoteur voulut surpasser tout ce qui s'était fait avant lui en Asie Centrale.

L'ensemble de Poi-Kalian:
Le minaret Kalian: Avec ses 46 m de haut, c'est le plus beau de l'Asie Centrale.
La mosquée Kalian: La salle de prière comporte 208 piliers qui supporte 288 coupoles. Elle est la plus vaste d'Asie Centrale, 10.000 personnes pouvaient suivrent le sermon de l'Imam.
La medersa Miri-Arab (1530): Elle a 111 cellules réparties autour d'une cour carrée aux angles biseautés.

L'ensemble de Bal-Khaouz:
Ark: La citadelle fut construite sur le site d'une précédente forteresse. Le monument date du 16e siècle et fut la résidence des Emirs.
La mosquée Bal-Khaouz: Construite en 1712, elle possède un iwan avec des colonnes et un plafond à caissons remarquables.
Le mausolée Ismaïl Samani: Edifié par Ismaïl pour son père fondateur de la dynastie, c'est le joyau de Boukhara. L'agencement des briques cuites simule un objet en vannerie.
Le mausolée Tchachma Ayyub: Edifié vers 1380 sur l'ordre de Tamerlan sur une source apparue lorsque le prophète Job frappa le sol de sa canne, il comporte des coupoles différentes selon l'époque de modifications.
Sitorai Mokhi Khossa: Ce bâtiment fut le palais d'été de l'Emir.

Tchor Minor: Cet édifice isolé dans la ville fut construit en 1807 pour marquer l'entrée d'une medersa disparue. C'est un cube flanqué de quatre minarets aux coupoles turquoises.

Berakshah: La ville est une ancienne cité zoroastrienne construite dans le désert.

Charbakr: Le ville est morte dans le désert.


Boukhara a l'austérité de la couleur brune de ces bâtiments vieux de mille ans. Elle se signale par le prestige des édifices du centre ville et par le nombre de medersas faisant de ce carrefour caravanier un important centre culturel qui irradia toute l'Asie Centrale et où de nombreux érudits musulmans virent le jour et enseignèrent.

Samarkand

L'approche: Le trajet de 280Km s'effectua par une très belle route qui permit d'admirer les paysages et de visiter un caravansérail dont il ne reste que l'immense portail et un puits.

Samarkand: L'arrivée fut vers 18 heures à l'hôtel "Samarkand" magnifiquement situé pour prendre des photos des monuments en lumière rasante.

Le Reghistan de Tamerlan fut la place de regroupement des caravanes arrivant par six grandes avenues. Oulough-Beg fit construire les médersas au 17e siècle pour assumer le rayonnement culturel de la capitale de l'Asie Centrale. L'ensemble est majestueux:
La médersa Shir Dar: Elle fait face à la médersa Oulough-Beg. Sur son tympan sont représentés des tigres au milieu d'une décoration florale abondante dont elle tient son nom.
La médersa Tiliya Kari: La dernière construite ferme la place du Registan. Son attrait procède de sa mosquée dont la coupole domine la place et l'intérieur en marbre blanc est décoré de peintures et de dorure. Elle en tire son nom, "couverte d'or".
La médersa Olough Beg: Ce fut la plus importante université de l'Asie Centrale et les plus éminents professeurs comme Kadi Zadé Roumi, y enseignèrent. Le tympan de la porte monumentale représente un ciel stylisé et étoilé encadré de deux minarets décoratifs.

La mosquée Bibi Khanym: Par delà la légende qui attribue la construction à l'épouse préférée de Tamerlan, elle fut en réalité édifiée sur l'ordre de Tamerlan à son retour de la campagne en Inde subjugué par la mosquée de Delhi. Elle fut la plus vaste de son époque. Tamerlan fit venir des artisans de toutes les régions conquises. Le portail s'ouvre sur une cour à quatre iwans avec au centre un lutrin en marbre ciselé. Les coupoles des minarets et de la mosquée sont couvertes de briques émaillées de couleur bleue turquoise.

Gour Emir: Le mausolée des Timourides fut édifié par Tamerlan à la mort de son petit fils, Mohamed Sultan. Achevé en 1409, il reçut les corps de Tamerlan et de Mohamed Sultan. Le mausolée était fermé pour cause de restauration.
Je visitai le Gour Emir lors de mon passage pour aller au Kyrgyzstan en 1999.

Shah-i-Zinda: La nécropole est située à Afrasyab, à la limite de la Samarkand médiévale. Commencée dès le 11e siècle, elle prit sa configuration actuelle à partir de 1370 lorsque Tamerlan en fit la nécropole de sa famille et de ses généraux. C'est une longue rue, à flanc de colline, bordée de mausolées. Le portail monumental s'ouvre sur un escalier de quarante marches menant à l'allée des tombeaux dont une dizaine sont en bon état.
Observatoire Oulough-Beg: Il fut construit en 1428. Il ne reste que la partie souterraine du sextant. Oulough-Bey fut assassiné en partie pour ses efforts pour développer les sciences. Il rédigea un traité d'astronomie qui fit merveille en son temps.
Afrasyab: Samarkand fut connue des Grecs sous de le nom de Marakanda au 6e siècle BC. Alexandre le Grand l'envahit en 329BC. Sous la dynastie des Kushana, elle devint Afrasyab, important relais de la Route de la Soie. Un musée retrace l'histoire du site.
Mosquée Kharzet-Khyzra: La fondation se réfère à la période antéislamique. A l'écart du circuit touristique, sa visite est intéressante par le plan primitif d'origine Abbasside.

Samarkand

Reghistan

Bibi Khanym

Gour Emir

Shah-i-Zinda


Samarkand fut un ravissement, la couleur dominante est le bleu turquoise. La taille de la ville et la situation des monuments permet d'y flâner à loisir pour admirer le site et voir la vie quotidienne des habitants.

Shar-i-Sabz, Termes, Pendjikent

Coupole Kok-Gumbaz

Un marché

Pont vers l' Aghanistan

Musée Roudaki

L'approche : Le trajet de Samarkand à Chakhrisabz de 85Km fut fait en deux heures.

Shar-i-Sabz: La ville, ancienne Kech, vit naître Tamerlan (1370), fils du gouverneur. Tamerlan dota sa ville natale de somptueux édifices dont il ne reste que peu de choses. La ville est située au pied du mont Zeravchan à 658m d'altitude.

Le palais Ak-Saray: De ce palais construit par les artisans du Khazrem, il ne subsiste que l'immense portail décoré de mosaïques de faïences
Les mausolées Timourides: Parmi ceux-ci une attention particulière fut portée: Le Dar al-Siyadat reçu la dépouille de Jahangir fils de Tamerlan. La crypte  carrée destinée à Tamerlan inhumé à Samarkand. Le mazar Shams al-Din Kulala pour la famille de Tamerlan dont le père et le tombeau des descendants d'Oulough-Bey.
La mosquée Kok-Gumbaz: Construite par Oulough-Bey en 1454 en hommage à son père Cham-Roukh, fils de Tamerlan, possède un monumental portail décoré de mosaïques.
Le marché Chorsou: Il est recouvert de cinq coupoles en briques.

Termez: La ville à 6 heures de route de Shar-i-Sabz est située dans l'ancienne Bactriane sur le bord de l'Amou Darya, frontière avec l'Afghanistan.

Le mausolée Hakim al-Termesi: Il fut construit sur l'emplacement d'un antique lieu de culte Bouddhique. Le décor intérieur de la coupole est remarquable par les dessins géométriques.
Fayaz Tepe: Le site archéologique date de l'empire Koushan au début de l'ère Chrétienne. L'influence Bouddhique fut très importante, Termez reste un lieu vénéré de pèlerinage.
Le mausolée de Sultan Saadat: Il fut construit au 11e siècle.
Le palais d'été de Kirk Kiz: L'édifice fut une forteresse.
Le pont de l'Amitié: Il franchit l'Amou Darya pour aller à Mazar-i-Sharif en Afghanistan dans la plaine de la Bactriane dont la capitale est Balk, l'ancienne Bactres des Perses.

L'excursion à Pendjikent, 68Km de Samarkand nécessita le passage au Tadjikistan par la très belle vallée du Zeravchan et les champs de coton. La rivière est la frontière entre les deux pays. Le franchissement de la frontière ne posa aucun problème.

Penjdikent: La ville est située à 1.000m d'altitude. Fondée au 5e siècle par des princes Hephtalites, elle fut pendant deux siècles le centre de la civilisation Sogdiane. La ville fortifiée comportait plusieurs temples et de nombreuses demeures aristocratiques. L'influence Indienne, le Shivaisme, l'influence Iranienne, le Zoroastrisme, et le Bouddhisme montra l'attitude intellectuelle des Sogdiens. Ils inventèrent l'œcuménisme.
Le musée Roudaki expose des fresques et des objets en provenance des fouilles en tout point remarquables.


Ces deux villes, hors des circuits touristiques, permirent d'approcher la population de l'"Ouzbékistan profond". Les gens se laissèrent volontiers photographier, pour peu que l'on soit poli. Les paysages sont grandioses, la couleur dominant est terre de Sienne. Les sites archéologiques n'ont pas encore fait l'objet de toutes les attentions du gouvernement, il reste beaucoup à faire. L'hôtellerie était déplorable. Il fallut huit heures de route pour le retour à Samarkand.
Pendjikent fut une excursion d'une demi journée à partir de Samarkand. Etait-ce bien nécessaire? Oui, pour admirer les fresques et la reconstitution de la vie en Sogdiane exposées au musée.


Le voyage en Ouzbékistan fut une escapade vers trois villes mythiques de la Route de la Soie à la rencontre de Tamerlan qui voulut reconstituer à son profit l'empire de Gengis Khan. Si les deux hommes se ressemblaient en tant que destructeur et pilleur. Ils étaient bien différents, le Mongol organisait les pays conquis,le Turc s'en retournait avec le butin. Quoiqu'il en soit les deux empires furent éphémères. Il en fut de même avec un autre descendant de cette lignée de combattants, Bâbur Shah.
Les monuments qui témoignent de la splendeur passé ne disent rien des conditions de vie de la population.


Le retour en France a été effectué en vol Lufthansa avec un départ en matinée et une arrivée à Paris en matinée.

Neuilly, le 2003/12/28