Kirghizistan, Pic Lenine

Le voyage au Kirghizstan fut une expédition pour tenter l'ascension du sommet du Pic Lénine, 7.134 m d'altitude. L'expédition de 18 jours de marche pour un voyage de 29 jours se déroula en trois parties.

Le groupe était composé de 7 personnes accompagnées d'un guide de haute montagne de Chamonix.

L'expédition fut réalisée en 1999, du 31 juillet au 28 août. Après un vol Uzbekistan Airways, l'arrivée à Tachkent fut à l'heure.

Le récit est en cinq tableaux. Les commentaires généraux sont donnés par la présentation du Kirghizstan.

Tachkent, Osh, Achik Tash

Canicule

Le Ferghana

Paysage

Camp de base

L'approche: Le vol Uzbekistan Airways mit 6 heures de Paris à Tachkent via Amsterdam. Il décolla à 17 heures 30 de Paris pour arriver 2 heures 30 (heure de Paris) à l'aéroport international de Tachkent. Le décalage horaire est de trois heures.

Tachkent: La ville est moderne. Elle fut visitée au retour de l'expédition.

L'approche: Le trajet de Tachkent à Och fut fait en bus jusqu'à la frontière de l'Ouzbékistan et du Kirghizstan puis avec deux camionnettes jusqu'à Och. Il dura 10 heures arrêts compris pour environ 360 Km. La route passe par la mythique vallée du Ferghana où selon la légende "les chevaux célestes suaient le sang". Elle est partagée avec le Kirghizstan et Tadjikistan! Dès 140 BC, les Empereurs Chinois de la dynastie des Hans envoyèrent des ambassades pour se procurer ces chevaux en vu d'équiper leurs armées.
La pause déjeuner se fit à Kokand capitale du Khanat de Kokand au 18e et 19e siècle.

Och: La ville est située au Kirghizstan à quelques kilomètres de la frontière. La communauté Ouzbeks est très importante. Des heurts ethniques se produisirent en 1990, avant l'indépendance des Républiques de l'Asie Centrale.
La ville fut visitée lors du retour d'expédition. Elle apparût moderne et de type Soviétique.

L'approche: Le trajet de Och à Achik Tash fut en camion, ex-camion militaire tout-terrain de l'armée soviétique. Une cellule avec des bancs en bois fut aménagée sur la benne du lourd véhicule. Le trajet dura plus de quatre heures pour un kilométrage inconnu.
-- La première partie fut par une route acceptable dans le paysage grandiose du Pamir.
-- La deuxième partie, plus d'une heure, fut en tout-terrain avec des passages de gués.
La rudesse et la rusticité du véhicule rendirent ce trajet particulièrement pénible.

Achik Tash: Le camp de base est situé à 3.600 m d'altitude. Il est géré par une agence de voyage, Asia Travel de Tachkent. Elle installe des tentes et cuisine les repas servis dans une Yourte. Le camp dispose d'un service médical, dans une tente blanche, tout candidat à l'ascension du Pic Lénine doit impérativement passer une visite médicale après les trois journées d'acclimatation. Le médecin ou infirmier maintint en état de fonctionnement un sauna dont les pierres sont chauffées par un brûleur à mazout rudimentaire alimenté par un goutte à goutte! Je ne savais pas que j'allais y passer un certain nombre de jours.


Trois journées d'acclimatation furent passées au camp de base. La première fut une journée de total repos, préparation du matériel et briefing du chef du camp de base. Les deux journées suivantes furent consacrées à des randonnées d'une demi journée chacune autour du camp de base avec une dénivelée de 800 mètres. C'est après que la visite médicale fut imposée.

Camp intermédiaire

L'approche:  Le trajet du camp de base au camp intermédiaire comprend quatre sections.
-- La première consiste en l'ascension du col Puteshestvinikov à 4.150m d'altitude,
-- La deuxième à descendre vers la moraine gauche du glacier Lénine,
-- La troisième à marcher sur le glacier Lénine,
-- La dernière à se diriger vers le camp intermédiaire dans les moraines.
La montée prit cinq heures et le retour au camp de base prit trois heures. Le but du jeu d'une expédition est de faire des allers et retours aux différents camps intermédiaires pour acheminer le matériel. Deux allers et retours furent faits et une journée de repos en final.

Camp intermédiaire, Il est installé sur la crête d'une moraine latérale du Glacier Lénine. Il est entre 4.200 et 43.00 m d'altitude. L'infrastructure est la dernière à être gérée par Asia Travel, les repas sont compris dans le forfait du permis d'ascension. De plus un guide de haute montagne d'Asia Travel assure la sécurité, la surveillance et la certification d'avoir atteint le sommet du Pic Lénine.

Le quatrième jour du camp intermédiaire consista à terminer la phase d'acclimatation en gravissant une partie de la piste pour accéder au camp d'altitude n°1 à 5.300m d'altitude. Il avait beaucoup neigé. L'objectif fut d'aller jusqu'au virage à droite vers le camp n°1 à une altitude de 5.100m environ, soit les deux premières sections du trajet.
-- La première, le long du glacier, est très crevassée pour atteindre la pente,
-- La deuxième, la pente de 40 à 45%, a des crevasses très larges.
L'ascension requit de chausser les crampons dans une neige profonde jusqu'à mi cuisse. Une corde fixe était installée par Asia Travel.
La difficulté rendit le trajet pénible, je m'arrêtai vers  4.800 m d'altitude en admirant le glacier Lénine. Le retour au camp n°1 fut redoutable.

La moraine

Camp intermédiare

Crevasses


Après la tentative d'ascension de la première difficulté, je passai la nuit à réfléchir à mon objectif personnel en prenant en compte les objectifs du groupe. Un aller et retour était prévu vers le camp n°1 pour monter le matériel collectif et personnel.
Il m'apparut que j'aurais beaucoup de difficultés à assumer ma part de portage du matériel collectif en plus de mes effets personnels. Au petit matin lors du briefing de départ, j'annonçai ma décision, toute honte bue, de jeter l'éponge et de redescendre au camp de base.
Je passai neuf jours au camp de base dans l'attente du retour de mes compagnons en souhaitant qu'ils réussissent leur ascension. A leur retour, j'appris hélas qu'ils n'avaient pu atteindre le sommet pour des raisons climatiques.

Osh

Osh

Trône de Salomon

Femme au marché

L'approche: Le trajet de Achik Tash à Och s'effectua avec le même camion qu'à l'aller et dans les mêmes conditions de pénibilité compensées par la somptuosité des paysages du Pamir. La route emprunte la vallée de la Kyzyl-Suu d'ouest en est avec au sud les sommets enneiges du Pamir. La vallée est large de 30 à 50 Km.
De nombreux contrôles de police furent faits sachant que nous transportions un jeune finlandais clandestin retournant dans son pays.
Nous arrivâmes vers 19 heures au même hôtel qu'à l'aller. La température était de 30°C.

Osh<: Une journée décontractée fut consacrée à la visite de cette ville de la vallée du Ferghana que l'absurdité de la politique de Staline a divisée entre les trois Républiques, Ouzbékistan, Tadjikistan et Kirghizstan. Cette vallée est peuplée majoritairement d'Ouzbeks. Osh est située à un important carrefour de la route de la Soie, il n'y a rien à voir, il ne reste rien de l'architecture ancienne. Malgré tout elle conserve son statut de carrefour grâce à la route M41, Pamir Highway, avec le Tadjikistan, puis à partir de Sary-Tash et du poste frontière de Irkeshtam avec Chine pour aller à Kachgar.
Les quelques curiosités visitées furent:
Le trône de Salomon, situé sur une colline déchiquetée surplombant la ville, est un lieu de pèlerinage musulman censément le prophète Mohamed y aurait prié! En 1497 Bâbur âgé de 14 ans, le futur fondateur de la dynastie Moghol de Delhi, fit construire une mosquée plusieurs fois détruite depuis. Du promontoire, une belle vue permet de comprendre la localisation de l'oasis occupée par Osh.
Le marché en plein air est l'un des plus vastes de l'Asie Centrale. Les trois ethnies dominantes y sont présentes, Uzbeks, Kyrgzyz et Tajiks.
Le parc, le long de la rivière, offrit un moment de repos au pied de la carcasse d'un Yak-40 sur un piédestal: Repos tout relatif eu égard à la foule des enfants accompagnés et aux nombreux manèges.


L'enchevêtrement, dans la vallée de Ferghana, des frontières entre les trois pays laisse perplexe quant à l'avenir des ethnies partagées entre eux. La proximité de l'Afghanistan et du Pakistan n'augurent rien de bon pour le devenir de la région, sauf si les dirigeants acceptaient d'en parler sans arrière pensée hégémonique, on peut rêver.

Tachkent

L'approche: Le trajet d'Osh à Tachkent s'effectua en minibus d'origine japonaise et dura près de neuf heures avec la pause déjeuner à Kokand, même restaurant qu'à l'aller. La dizaine de kilomètres séparant Osh de la frontière avec l'Ouzbékistan et le contrôle de police requirent pas moins d'une heure, tant le nombre de véhicules de tout genre était grand. Après Kokand, le franchissement d'un col à 2.130m d'altitude sous une pluie diluvienne sur une route rendue marécageuse par les travaux d'élargissement se fit dans un désordre inscriptible par le nombre de véhicules surchargés et immobilisés dans la boue.

Tachkent: La ville est restée le carrefour de l'Asie Centrale le plus important. Elle connut bien des noms au cours de sa longue histoire, Shash, Shashkent puis Toshkent au 11e siècle. Maintenant elle est devenue le "Hub de l'Asie Centrale" de toutes les destinations mondiales. Elle fut visitée lors du voyage en 1993, Tashkent.
La ville moderne, comme je l'avais déjà constaté, est de style soviétique. De Larges avenues, de grands espaces, des parc en grands nombres donnent à la ville son aspect de modernité, mais hélas tout est dégradé, comme laissé à l'abandon sans entretien faute de moyens financiers ou par laxisme. Les tramways, les trolleybus que nous avons utilisés sont brinquebalants. Il y a très peu de voitures particulières.
Le métro, que nous avons aussi utilisé, fut l'occasion d'une de mes facéties. Je pris une photo, malheureusement le flash se déclancha. Aussitôt deux policiers me tombèrent dessus et je fus embarqué au poste de police du métro où je restai plus d'une heure pendant laquelle les policiers contrôlèrent mon passeport, donnèrent de nombreux appels téléphoniques, et finalement me laissèrent repartir en me tançant dans une langue que j'identifiais être du Russe. Je craignis qu'ils me confisquent mon appareil ou qu'ils enlèvent la pellicule, rien de tout cela. Je dois admettre que la photo est mauvaise!
La vieille ville fut de nouveau visitée. Elle n' a rien de comparable à Samarkand.

Le Ferghana

Le col sous la pluie

un tamway


Tachkent ne participe pas au mythe des Cités de l'Asie Centrale. Elle est devenue, trop tôt, une ville internationale. Je constatai, à trois ans d'intervalle que la modernité s'installait, habillement des jeunes gens et même des jeunes filles en pays Musulman, restauration rapide de grandes enseignes américaines, animation des rues. Le mode de vie de l'Occident fait des adeptes.

Samarkand

Gour Emir

Peinture

Un caravanier

L'approche: Le temps imparti au voyage laissa deux journées de libre que nous décidâmes d'utiliser à visiter Samarkand. Le trajet de Tachkent à Samarkand s'effectua en minibus et dura un peu plus de quatre heures pour 300 Km d'une route souvent à quatre voies mais terriblement bosselée.

Samarkand: L'arrivée fut vers 12 heures à l'hôtel "Zeravchan" moins bien situé que l'hôtel "Samarkand" du précédent séjour. Nous visitâmes les mêmes monuments, Samarkand. Entre ces deux voyages, la municipalité n'est pas restée inactive. La restauration des monuments a beaucoup progressé. Lors de cette visite, le Festival de la Musique fut inauguré en grande pompe par le Président de la république.

Gour Emir: Le mausolée des Timourides fut édifié par Tamerlan à la mort de son petit fils, Mohamed Sultan. Achevé en 1409, il reçut les corps de Tamerlan et de Mohamed Sultan. Le mausolée était fermé pour cause de restauration en 1996. Les travaux étant achevés, le monument était ouvert aux touristes, je pus admirer l'intérieur de ce somptueux édifice.
Les panneaux intérieurs sont en onyx, la rambarde de la pierre tombale est en albâtre, la pierre tombale est en jade. La coupole est couverte de feuille d'or et de lapis-lazuli.
En 1941, Mikhail Gerasimov ouvrit la crypte et constata qu'effectivement Tamerlan était estropié de la jambe et du bras droite. De plus, il était grand 1,7 mètres.

Bibi Khanym: Les travaux de restauration de la grande mosquée étaient presque achevés. Je pense qu'en cette fin 2003, il le sont.



Je revisitai avec beaucoup de plaisir la ville de Samarkand. Elle est par excellence, la cité légendaire d'Asie Centrale. Comme Khiva et Boukhara, elle émerge du désert tel un mirage avec ses coupoles, ses minarets, ses mosaïques d'une bleu turquoise que le temps n'a pas défraîchi.  Nul doute que les caravaniers de la Route de la Soie devaient être subjugués par tant de beauté.


Le voyage au Kirghizstan fut une prise de conscience de mes limites en ascension de sommets, les "Sept Mille" me sont inaccessibles autant pour des raisons physiques que pour des raisons techniques, la non maîtrise de la marche en cordée dans la neige profonde avec des crampons sur une pente à 45%. Il n'empêche que je poursuivis mon objectif de faire des "Six Mille". L'avenir confirma mes capacités à cette altitude.


Le retour en France a été effectué en vol Uzbekistan Airways avec un départ en matinée et une arrivée à Paris en matinée.

Neuilly, le 2003/12/31