Ensenada
Jeudi 24 janvier 2013, "¡Qué mala pata!"
Après le cours d’espagnol je me rendis à
l’Information Center pour obtenir des
informations. Je ne l’atteignis jamais.
Circulant sur la voie centrale de l’avenue
Malecon je fus doublé à droite et à gauche
par des voitures de police à vive allure,
sirènes hurlantes et des gyrophares en
action, mais je ne sais pas pour quelle
raison une voiture banalisée heurta
violemment l’arrière droit du camion
causant des dégâts comme on peut le voir
sur les photos ci-dessous. Je me rendis
compte que j’étais dans une situation
difficile ne pouvant pas exprimer les
quels mots d’espagnol appris sous le coup
de l’émotion. A ce moment un homme me prit
dans ses bras et me dit :
¡Tranquilícese!
¡No se preocupe!
C’était Humberto, un jeune employé,
parlant anglais, du California RV Park qui
se trouvait là par hasard. Il prit les
choses en main, discutant avec la police
fédérale, à l’origine de l’accident, puis
avec la police municipale pour le constat.
Une ambulance arriva pour prendre soin du
policier, conducteur du pick-up, et de
moi-même. Humberto me dit que j’étais tout
pâle et que je devais m’asseoir sur le
hayon du pick-up. L’un des ambulanciers
vint me prendre la tension, il me dit
quelle était haute et voulut me faire une
piqure que je refusais pour deux raisons,
la méconnaissance du produit et la
seringue qui n’était pas dans un emballage
stérilisé. Avec Humberto nous allâmes au
centre administratif pour le constat et
attendre le représentant de l’assurance
"Qualitas Compania de Seguros" qui s’avéra
être aussi l’assurance de la police, ouf.
L’agent d’assurance par le truchement
d’Humberto me dit que la police étant
responsable l’assurance paiera la
réparation des dégâts directement au
garage. Ensuite nous nous rendîmes chez un
réparateur "Taller Universal" pour prendre
en charge la réfection des dommages. Le
garage devait me contacter la semaine
suivante. Nous rentrâmes au California
vers 18 heures sachant que l’accident
s’était produit à 13:30.
¡Menudo dia!
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Le Vendée Globe, 27/01/2013
Le dimanche 27 janvier 2013 j’assistais à
l’arrivée du Vendée Globe grâce à la
connexion Internet Wi-Fi du California. Je
ne suis pas un navigateur mais j’ai vécu
un grand moment d’un exploit sportif hors
du commun par un skipper hors norme.
François Gabart 29 ans bac "S" avec
mention très bien, école d’ingénieur INSA
de Lyon, diplômé de génie mécanique. L’ère
des aventuriers de la voile au large
est-elle terminée ? L’avènement des
surdiplômés est-elle arrivé ? Faut-il des
surdoués pour dompter ces monstres de
technologie ? Quoi qu’il en
soit les superlatifs ne sauraient traduire
la prouesse intellectuelle, physique et
psychique pour naviguer pendant 78 jours
autour du monde en doublant les trois caps
du sud pour contourner l’antarctique. Il
faut rappeler que sans Eric Tabarly,
l’engouement des français pour ce sport à
haut risque n’existerait pas. Tout
simplement bravo à tous les skippers du
Vendée Globe, appelé l’Everest des mers.
En ces temps de "French bashing" par la
presse anglaise, il n’est pas inutile de
se souvenir de la grandeur du peuple
français. Ce ne sont pas les anglais qui
ont créé EADS et Ariane Space. Je pense
que le compte à rebours des années
d’existence de la "City" a commencé. David
Cameron l’a bien compris, ses
gesticulations politiciennes en sont la
démonstration subliminale… Je ne peux pas
ne pas mentionner le "fairplay" d'Alex
Thomson qui se dérouta pour assurer la
sécurité du "froggy" Jean-Pierre
Dick.
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| François Gabart, capture d'écran de www.lequipe.fr |
Taller Univeral, 30/01/2013
Le Mercredi 30 janvier j’avais rendez-vous
à 15 heures chez Taller Universal pour
commencer les travaux de réfection. A
l’aide d’une colonne arrimée à un anneau
au sol et d’une chaîne enroulée autour de
la barre d’encastrement un vérin
hydraulique la tira pour la remettre
approximativement en ligne. La même
manœuvre fut employée pour le coffre afin
de retrouver son équerrage d’origine. Puis
les deux éléments furent déposés pour être
travaillés afin de les remettre en forme
correctement. Le bloc de lampes fut
installé d’une manière assurer la sécurité
arrière du camion en attendant la phase de
remontage le 5 février à partir de 15
heures après mon cours d’espagnol.
Ensenada, 02/02/2013
Le samedi 02 février j’avais invité
Humberto à déjeuner dans un restaurant
mexicain qu’il avait choisi. Nous
déjeunâmes royalement de mets typiques à
base de poissons et fruits de mer. Ensuite
nous fîmes un tour du centre-ville investi
par des touristes américains fraîchement
débarqués d’un bateau de croisière. La
journée avait commencé sous un chaud
soleil printanier mais fini sous un ciel
couvert annonciateur de mauvais temps.
Ensenada, suite & fin de la réparation, mais...
La réparation du camion fut à épisodes
avec des rendez-vous reportés. Finalement
le travail fut exécuté par demi-journées
compte tenu des cours d’espagnol. Le
samedi 09 février à 13:30 tout était fini
sauf que le bloc de feux arrières n’était
pas conforme, je laissais donc le bloc
d’origine partiellement détruit. Les
réparations ont coûté à l’assurance, 9670
MXN soit environ 600€. Puis j’allais faire
des achats au Wal-Mart où je rencontrais
les Oliete de Béziers. Nous nous promîmes
de nous revoir sur la route vers La Paz.
Mais je dois raconter un autre évènement
car un incident n’est jamais seul, il
s’inscrit dans une suite infernale due au
malin.
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En effet le jeudi 07 février au
retour de Taller le pneu arrière gauche
qui avait une fissure sur le flanc se
dégonfla brutalement et je dus parquer le
camion rapidement détruisant totalement le
pneu. Il était 18:30 et la nuit était
tombée. Un policier municipal intervint et
appela un dépanneur pour changer la roue
car les outils de démontage étaient
stockés dans le coffre endommagé et je les
avais laissé au California RV Park ! Où je
rentrais vers 21:30. Le pneu de la roue de
secours est très usé et ne saurait faire
plus de 1.000 kilomètres, je devais
impérativement trouver un ou des pneus. Le
vendredi après-midi avant de me rendre
chez Taller Universal, j’allais chez
Michelin mais après consultation de la
base de données au Mexique, aucune
dimension de pneus R20 n’était disponible
et pas de pneu ex-militaire. J’envoyais un
message au revendeur d’Irvine, Californie,
USA, qui m’avait
déjà aidé, TCI #866, pour obtenir les
pneus ex-militaire. La nuit porte conseil,
dans la nuit de samedi à dimanche, je
décidais de retourner à Irvine. Mais je
devais obtenir un ESTA. Comme je l’ai
conté, je n’avais pas pu rendre la carte
verte que j’avais envoyée par courrier
postal. Hélas je
n’avais aucun retour. Je tentais donc,
dans la nuit, de réobtenir un ESTA par la
procédure Internet déjà utilisée. Au bonheur je l’obtins
contre $14 payé par carte de crédit. Il me
restait à tenter ma chance lundi matin
pour entrer aux USA et me rendre à Irvine,
à suivre.