Le lundi 26 mai je quittais le parking dans
l’enceinte de l’entreprise Touratech où Yvon
Bodelot met à la disposition des clients de
passage une connexion Wifi très rapide qui me
permit de publier la mise-à-jour de mon site
Internet. L’objectif de la journée était de
parcourir la route touristique de l’Enclave
des Papes avec comme point d’orgue Valréas.
N.-D. des Vignes
En route je fis un détour à Visan pour
visiter la chapelle N.-D. des Vignes
nichée dans un vallon près d’une
sapinière. Lorsque je débarquais du camion
une sœur m’accueillit à bras ouvert et me
souhaita la bienvenue. Elle fut mon guide
pour découvrir cette chapelle datant du 13e
siècle pour abriter une Vierge à l’enfant
en bois polychrome vénérée par la foi
populaire eu égard à des manifestations
spirituelles. Le chœur possède un des plus
beaux ensembles en bois doré du Sud-est de
la France ayant nécessité 70 ans de
travail aux 17 & 18e siècles.
Valréas
Valréas est la cité la plus florissante de
l’enclave des papes. Hélas en ce lundi de
la dernière semaine de mai tout était
fermé, les églises, les tours. Je
déambulais dans les rues sans vie ni
touriste. Le portail sud de l’église
Notre-Dame-de-Nazareth est un bel exemple
de l’architecture romane de Provence. La
tour du Tivoli est le dernier vestige des
remparts de la ville.
Richerenches
Richerenches est une ancienne commanderie
de templiers bâtie sur un plan
rectangulaire dont subsistent quatre tours
d’angle. Là encore les horaires de
l’office du tourisme ne me permirent pas
de visiter les monuments fermés ; je
passais mon chemin. En route j’aperçus le
donjon vestige d’une splendeur passée à
Chamaret.
Chamaret
 |
| Donjon |
Suze-la-Rousse
Enfin je m’arrêtais à Suze-la-Rousse,
qui pourrait être l'héroïne, Jenny, de
l'opéra de
Quat' sous. Le château datant du
moyen-âge fut transformé en palais aux 16e
& 17e siècles par les seigneurs
des Baux d’Orange. Je trouvais un bivouac
à Roaix près de Vaison-la-Romaine
Vaison-la-Romaine
Cathédrale N.-D.-de-Nazareth
Vaison-la-Romaine ou Vaison-la-Romane elle
pourrait porter indifféremment les deux
noms, car la Romaine est la ville basse au
nord du pont Romain et la Romane est la
ville haute au sud du pont fortifiée au
moyen-âge contre les invasions des
sarrasins. La cathédrale N.-D.-de-Nazareth
fut bâtie sur des vestiges gallo-romains
au 11e siècle dans le style
roman provençal. La nef est encadrée par
des travées et surmontée par une coupole
octogonale sur trompes décorées.
Cloitre
Le cloitre accolé date du 12e &
13e siècles et la galerie sud
du 19e s dont les chapiteaux
sont richement décorés.
Pont romain
Le pont romain, vieux de 2000 ans, est
intact sauf le parapet reconstruit après
la crue dramatique de 1992.
Vestiges gallo-romain
Mon propos n’est pas de décrire les
vestiges gallo-romains se serait être
présomptueux. Les guides touristiques le
font mieux et plus savamment que je ne
saurais le faire. Certes les vestiges de
Pompéi sont plus prestigieux mais ceux-ci
témoignent de l’histoire de la Gaule et en
ces temps troublés, perte des repères et
absence des valeurs historiques. Ce ne fut
pas sans émotions que je les parcourais.
Le musée possède des pièces issues des
fouilles témoignant de la richesse
artistique de la culture gallo-romaine.
Séguret
En route je m’arrêtais au petit village de
Séguret pour admirer les rues étroites, la
jolie fontaine comtadine, le beffroi et
l’église, fermée, du 12e
siècle.
Sablet
Au passage une photo, en conduisant,
du beffroi de Sablet.
Dentelles de Montmirail
Je fis un détour pour faire une courte
marche d’approche des Dentelles de
Montmirail, mons mirabilis, qui sont les
contreforts du Mont Ventoux. Elles
s’étendent sur une dizaines de kilomètres
de Vaison-la-Romaine à Beaumes-de Venise.
Gigondas
Je flânais dans les rues de Gigondas
renommée pour son vin à la découverte de
ce charmant village dont les seuls
monuments accessibles en cette période de
fin mai sont les maisons d’époque et la
façade de l’église !
N.-D.-d'Aubune
Un dernier détour par un chemin très
étroit pour voir la façade de
N.-D.-d’Aubune. Cette chapelle romane possède
un clocher orné de pilastres. Un
chemin de randonnée offre aux amateurs de
marche à pied un parcours des chapelles
romanes de la région. Je trouvais un
bivouac très sympathique au col de la
Chaine.
Malaucène
De bon matin je visitais Malaucène au pied
du Mt Ventoux. Je bénéficiais d’une jolie
lumière éclairant les édifices. L’église
fortifiée était incluse dans la muraille
de la ville. Elle est de style roman
provençal. Elle fut construite au 14e
siècle sur des vestiges gallo-romain.
Hélas la porte recouverte de feuilles de
bronze était close. Jouxtant l’église la
porte Soubeyran donne accès à la vieille
ville aux rues très étroites portant des
noms évocateurs avec de place en place des
fontaines murmurantes. Un chemin mène au
calvaire sur une colline dominant la ville
et le beffroi coiffé d’un campanile en fer
forgé, comme partout en Provence. La vue
sur le paysage environnant est sublime
avec en arrière-plan le Mt Ventoux.
Mt Serein & Mt Ventoux
Non sans anxiété je lançais le camion sur
la D 974 à l’assaut du Mt Ventoux en me
rappelant les courses cyclistes de ma
jeunesse. Maintenant les amateurs
l’escalade avec des machines ultra
perfectionnées équipées des derniers
raffinements technologiques. Bien sûr je
portais un fréquencemètre pour surveiller
mon cœur. Aucune alerte les pulsations
étaient normales sachant que l’activité
physique de la conduite d’un véhicule ne
requiert pas d’effort. Par contre je
m’arrêtais au Mt Serein, 1420 m
d’altitude, pour faire une marche d’une
trentaine de minutes. Le fréquencemètre
enregistrait une accélération des
pulsations supérieure à celui du niveau de
la mer pour une activité similaire. Je
notais une accélération encore supérieure
au Mt Ventoux, 1911 m d’altitude avec un
froid vif & un vent violent.
Gorges de la Nesque
Après un déjeuner frugal sur une aire de
repos à la sortie de Bédoin j’attaquais
les Gorges de la Nesque dont la carte
Michelin N° 527 annonçait des tunnels avec
une hauteur maximale de 2m5 certes,
c’est vrai sur les côté mais au centre la
hauteur minimale constatée fut de 3
mètres. Le paysage est somptueux mais
moins aride que dans les Gorges du Verdon
& du Daluis.
Sault
Sault, village provençal situé sur un
éperon rocheux, est l’ancienne capitale du
comté. A ses pieds les cultures, de blé,
de lavande & d’épices constituent un
patchwork très coloré. L’église
N.-D.-de-la-Tour est du 12e
siècle de style roman provençal attesté
par le porche et la nef. Hélas le musée de
l’histoire gallo-romaine était fermé !
Elle est la base des randonneurs et des
cyclistes pour les ascensions. Je trouvais
un bivouac à la sortie d’Aurel sur la D
542.
Plateau d'Albion, les grandes oreilles
Le jeudi 29 mai je décidais de parcourir
les petites routes départementales
étroites de la France profonde et
laborieuse. Ainsi je passais sur le
Plateau d’Albion, où furent enterrés les
silos des ogives nucléaires du temps de la
guerre froide. Les grandes oreilles sont
gardées par un régiment de la légion
étrangère ! Pourquoi pas. Le Plateau
d’Albion est un véritable causse avec plus
de deux cents gouffres qui absorbent les
eaux de pluie resurgissant à la Fontaine
de Vaucluse.
Les Gorges d'Oppedette
Je poursuivis ma randonnée motorisée,
hélas je loupais l’embranchement pour
visiter l’Abbaye de Valsaintes sur la D
201. Les Gorges d’Oppedette ou plus
exactement le Canyon d’Oppedette eu égard
à son étroitesse est long de 2,5 km creusé
par le Calavon aux parois de 120 m de
haut. Le parking désert est un lieu de
bivouac idyllique. De nouveau je ratais
l’embranchement pour le Prieuré de Carluc
avant Reillanne sur une départementale
sans référence. Pas facile lorsqu’il n’y a
pas de panneau indicateur !
Route étroite arborée
Forcalquier
Enfin j’aboutis vers 9h30 à Forcalquier,
fort bien indiqué sur les routes
vicinales. L’Office du Tourisme était
ouvert, quel bonheur, et bien documenté
avec un circuit pour visiter les
principales curiosités. Hélas, comme à
l’accoutumé bien des édifices n’étaient
pas accessibles, les rues peu référencées,
bien souvent crottées par les chiens et
puant la pisse de chat, bof c’est aussi çà
la France !
Cathédrale Notre-Dame-du-Bourget
La cathédrale N.-D.-du-Bourget fut
construite au 12e siècle avec
un transept en croix latine de style roman
mais avec des ajouts aux siècles
postérieurs. J’eus le privilège en entrant
d’être accueilli par un concert d’orgue
sur l’un des plus remarquables instruments
de Provence. Je m’attardais un
long moment de plénitude, de recueillement
inattendus.
La ville médiévale
Comme dans toutes les villes médiévales de
nombreuses places sont agrémentées d’une
fontaine dédiée soit à une divinité soit à
un personnage local.
La ville fut une capitale comtale et elle le dit…
La colline du château comtal
Du château des comtes de Forcalquier il ne
subsiste rien ; la colline est maintenant occupée
par une chapelle octogonale, fermée. L’église St
Jean du 12e siècle est en l’état de
ruine non visitable.
Riche patrimoine immobilier
De nombreuses portes d’hôtels particuliers ont
conservé leur aspect originel.
Enfin des remparts fortifiés seul la porte des
Cordeliers reste encore et pour quelques temps.
Plus loin le couvent des Cordeliers, après maintes
vicissitudes historiques, fut restauré pour
héberger l’Université européenne des saveurs et
des senteurs, tout un programme.
Prieuré de Salagon
Le prieuré de Salagon, à l’entrée de Mane,
est bien indiqué, je m’y rendis en début
d’après-midi. Il est restauré et géré par
le Conseil Général des Alpes de
Haute-Provence ainsi que le musée et les
jardins ethnobotaniques ( !)
La brochure explique "...des plantes pour
raconter les hommes...". Au commencement
le site était un vaste domaine agricole
gallo-romain, puis fut transformé en
habitat religieux occupé par différentes
congrégations. Enfin il est tombé dans le
domaine privé à la Révolution comme bien
national passant de mains en mains pour
échoir dans le domain public du Conseil
Général du département, quel parcours !
Si la lavande était conté
Le petit musée raconte l’histoire de la
lavande, sa culture et l’extraction de l’huile
essentielle. Les photos d’époque sont pleines de
charme et témoignent de la conditions humaine.
Je me rapprochais de
Manosque que je visitais le lendemain, un bivouac
quelconque m’accueillit sur les bords du canal
EDF.
Manosque
Les portes de la ville
Le vendredi après une nuit pluvieuse, je
quittais le bord du canal dès potron-minet
pour m’assurer de trouver une place de
parking près de la porte de Soubeyran.
Bien m’en a pris car le parking annoncé
par le Guide Vert était en travaux ; la
partie accessible était très réduite mais
il restait encore une place exigüe. La
cité fut intégrée à l’empire romain grâce
à sa proximité de la voie Domitienne qui
reliait l’Italie à l’Espagne. Elle fut
entièrement détruite en 900 par les
Sarrasins. Puis les manosquins revinrent
pour la reconstruire vers 974 après que
Guillaume, comte d’Arles, les eut chassés
de Provence. De l’enceinte fortifiée du
Moyen-âge et de ses quatre portes ils n’en
subsistent que deux partiellement
reconstruites au 14e siècle.
Les places de la ville
Le long de la rue Grande reliant les deux portes des
places ombragées agrémentées de fontaines ainsi
que des immeubles aux belles portes entourés
d’étroites ruelles structurent agréablement la ville médiévale.
Eglise Notre-Dame de Romigier
L’église N.-D.-de-Romigier située place de
l’Hôtel de Ville est de style roman
provençal avec un porche de style
renaissance. Elle abrite deux curiosités
remarquables. L’autel est un sarcophage de
marbre de carrare représentant les douze
apôtres la main levée vers dieux. La
Vierge Noire d’époque préromane qui selon
la tradition aurait été trouvée par un
laboureur dont les bœufs se seraient
agenouillés devant le buisson sous lequel
elle était enterrée pour la protéger de la
vindicte sarrasine. Désaffectée elle
reçoit des expositions temporaires.
Eglise Saint-Sauveur
L’église Saint-Sauveur est érigée sur la
place éponyme. De style roman provençal
elle fut reconstruite après les razzias
sarrasines puis augmentée aux 16e
& 17e siècles. A l’extérieur
sur le côté gauche, rue Voland & en levant
les yeux il est possible de voir deux
gravures sur pierre, l’une montre un
pèlerin avec son bâton et l’autre une
poule avec un serpent. A l’intérieur
l’orgue de 1625 a été refait en 1826 par
Piantanida, célèbre facteur d’orgues
lombard. La nef latérale gauche abrite
dans une Vierge à l’enfant.
Hôtel de ville
L’hôtel de ville date du 17e
siècle avec l’une des plus jolies façades
de la ville.
Centre Jean Giono
Le centre Jean Giono, écrivain & enfant de
la ville de parents d’origine piémontaise,
est hébergé dans le plus ancien hôtel
particulier hors les murs de la cité. Lors
de mon passage seul le rez-de-chaussée
était accessible.
Fondation Carzou
La Fondation Carzou est logée dans la
chapelle du couvent de la Présentation du
19e siècle dont les murs sont
peints de fresques surréalistes par Carzou
représentant sa vision de l’apocalypse au
20e siècle. Hélas elle n’est
ouverte au public que l’après-midi. Pour
patienter je dégustais l’aïoli du vendredi
place de l’Hôtel de Ville. Mon attente ne
fut pas déçue. Je rappelle que
contrairement à l’acception populaire,
l’apocalypse n’est pas une catastrophe
mais l’annonce de la révélation de Jésus
Christ. L’œuvre de Carzou commencée en
1985 fut inaugurée en 1991 et occupé
environ plus de 660 m². L’allégorie de
Carzou s’appuie sur les massacres
perpétués par l’homme, l’extermination des
indiens, les génocides, l’holocauste et
bien d’autres ainsi que sur des références
bibliques, la Grande Prostituée (Ap. 117).
Son parcours commence par un champ
nucléaire survolé par quatre avions
supersoniques, les cavaliers de
l’apocalypse (Ap ;6,1-8) pour se terminé
par la rédemption par la Femme-arbre
symbole d’espoir et de renouveau et enfin
par une dernière allégorie à Adam et Eve
surmontée par le triomphe de l’agneau.
Dans sa présentation Carzou écrit :
"J’ai
voulu représenter l’Apocalypse, le climat
de notre époque… Mon but : la peur de l’an
2000, un peu comme la peur de l’an Mil…
C’est le monde nouveau et la Jérusalem
Céleste… Les navires attendent pour
appareillés vers une Cythère de rêve…
Enfin c’est le triomphe de l’agneau et du
paradis terrestre. .."
 |
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|
Chammp nucléaire survolé par les quatre cavaliers de l'Apocalypse |
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 |
| Hitler, Staline, Pol Pot |
Le génocide arménien en 1915 |
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| Les dictatures, croix gammée, marteau & faucille |
La Révolution Française, la guillotine |
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| La Grande Prostituée, Babylone... Rome |
La Luxure |
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 |
| La Vierge auréolée de Lumière,
triomphe de la pureté |
La Femme-arbre symbole d'espoir
et de la renaisance de la terre |
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| L'Angélus de Millet |
L'espoir, Adam & Eve, le triomphe de l'ageneau |
N’en déplaise aux
contempteurs de tous poils, la religion
chrétienne est partie intégrante de notre
culture républicaine, laquelle est à
géométrie variable selon l’obédience
politique du
locuteur, le nier est faire preuve
d’étroitesse d’esprit voire d’inculture.
Les faits religieux ne sauraient être
ignorés, occultés pour comprendre l’évolution du
monde.
Epilogue
Le tracé GPS de la route
Le circuit de Trans à Orange & retour
du 17/05/2014 au 30/05/2014
Ma participation au Travel Event 2014
organisé par Touratech fut l’opportunité
de visiter trois microrégions en suivant
partiellement les circuits proposés par le
Guide Vert. Bien sûr mes commentaires ont
parfois emprunté sans vergogne les écrits
du guide ou des brochures disponibles sur
les sites visités. Je rappelle que mon
site Internet est une invitation aux voyages
ici ou ailleurs mais en aucun cas une
encyclopédie.
La lecture d’ouvrages
compétents est hautement recommandable avant
le départ et assurément au retour
pour approfondir les
connaissances acquises. La Provence a été
marquée par les razzias des Sarrasins (de
830 à 990)
détruisant, pillant et tuant avec une rare
cruauté. La connaissance de cette histoire permet
d’appréhender les récents résultats
électoraux de la région. Le djihad n’est pas
un fait nouveau, c’est un fait religieux.